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Savez-vous que notre école était, à l'origine, un authentique relais sur la route du pèlerinage à Saint Jacques de Compostelle ?
En effet, au XIIIe siècle, s'élevait à cet endroit l'Hospice St Jacques, institution laïque gérée par le mayeur et les échevins de Namur.
Cet hospice va progressivement être transformé en asile de nuit pour héberger les soldats blessés, les sans abris, les malades, mais surtout les enfants abandonnés, nombreux au XIVe siècle suite aux guerres incessantes. L'établissement remporte un vif succès, il est généralement complet. Cette notion d'accueil et de l'aide aux plus démunis va perdurer bien au-delà de cette époque.
Malheureusement l'accueil ne rapporte pas financièrement et au XVIIIe siècle, les bâtiments sont en ruine.
En 1755, une occasion inespérée se présente : une Confrérie originaire de Mons, la Confrérie de la Miséricorde cherche à racheter les bâtiments et s'engage à reconstruire l'Eglise.
Ils portent des habits noirs de pénitents : robe avec cagoule percée de 2 trous pour les yeux.
Ces frères sont très estimés à Namur. En effet, ils vont accomplir une mission peu banale : s'occuper des condamnés à mort.
Ils assistent le prisonnier dans ses derniers moments, sont présents lors de la pendaison faite au "Marché St Remy" et se chargent de l'inhumation dans les dépendances de St Jacques.
Il est utile de préciser que, sans leur intervention, le pendu serait resté au gibet jusqu'à putréfaction.
En 1758, ces mêmes frères ouvrent, au coeur de leurs bâtiments, un hôpital pour indigents. Cet établissement est assez novateur : il y règne des conditions d'hygiène peu communes pour l'époque. En effet, alors qu'ailleurs il n'est pas rare de voir un lit d'hôpital accueillir 2 ou 3 malades, ici chacun d'eux occupe un lit.
En 1902, l'hôpital déménage vers un site plus vaste et plus moderne.
Les bâtiments ne resteront pas vides bien longtemps car, en 1903 arrivent des Soeurs de la Charité de Besançon qui y fondent l'Ecole Saint Jacques des Bateliers. Elles les quittent très vite pour s'installer rue Saintraint.
De leur passage, ces lieux ont gardé leur vocation finale : l'accueil des élèves.
En 1908, s'installent ici des soeurs françaises venues de Montluçon. À Namur, on les appelle les "Dames de Saint Jacques".
Elles décident de s'occuper de la protection des jeunes filles célibataires et enceintes, rejetées par leurs familles. Elles leur donnent une éducation religieuse et leur apprennent à coudre afin de subvenir à leurs besoins.
C'est tout naturellement qu'une école d'habillement ouvre ses portes en 1915, toujours tenue par les Dames de Saint Jacques.
Durant les première et seconde guerres mondiales, St Jacques sera le centre de diverses activités patriotiques. Les Allemands logeaient dans les locaux de St Jacques et jamais ils n'auraient osé soupçonner ces braves soeurs de participer activement à la Résistance. En effet, à la barbe de l'occupant, les Dames de St Jacques recueillaient et aidaient les familles en difficultés, acheminaient le courrier vers la Hollande, ...
Progressivement, les Dames de St Jacques vont ensuite céder les locaux à l'nstitut St Jacques qui va développer d'autres sections que l'habillement, c'est-à-dire : travaux de bureau, hôtellerie, tourisme -accueil, vente étalage. |